Abboud, Jumana Emil, « Hide Your Water from the Sun: A Performance for Spirited Waters », in Yıldırım, Umut (dir.), War-torn Ecologies, An-Archic Fragments: Reflections from the Middle East, Berlin, ICI Berlin Press, 2023, p. 121–138
→Sherwell, Tina, « Bodies in Representation: Contemporary Arab Women’s Art », in Lloyd, Fran (dir.), Contemporary Arab Women’s Art: Dialogues of the Present, Londres, Women’s Art Library, 1999, p. 62–63
→Sherbany, Anna (dir.), Story time: An Exhibition by Artists Living in Israel / Palestine, cat. exp., Candid Arts Trust, London (20 novembre – 12 décembre 1998), Londres, Arts Council England, 1998
The Unbearable Halfness Of Being, Cample Line, Thornhill, 7 octobre – 17 décembre 2023
→The Pomegranate and the Sleeping Ghoul, Jumana Emil Abboud, Darat Al Funun – Khalid Shoman Foundation, Amman, 10 octobre 2017 – 11 janvier 2018
→Jumana Emil Abboud / The Horse, the bird, the Tree and Stone, Bildmuseet, Umeå University, Umeå, 20 mai – 17 septembre 2017
Artiste multidisciplinaire palestinienne.
Jumana Emil Abboud explore à travers différents médiums artistiques la mémoire, la perte et la résilience. Son travail, lié à la culture palestinienne, met en lumière la lutte pour la préservation du patrimoine dans un contexte politique changeant et aborde la question des droits des autochtones.
J. E. Abboud naît à Shefa-Amr, près de Haïfa. Elle grandit au Canada, où elle développe une passion pour l’art. En 1989, elle entre à l’Ontario College of Art de Toronto, mais elle n’y reste que deux ans avant de s’en retourner dans sa ville de naissance. Elle reprend sa formation à l’école des beaux-arts Bezalel de Jérusalem, dont elle sort diplômée en 1999. En 2019, elle s’inscrit en doctorat à la Slade School of Fine Art, à l’University College de Londres.
J. E. Abboud s’intéresse à des récits autant personnels que collectifs et mêle le folklore aux expériences modernes de la mémoire et du déplacement. Elle réinterprète les histoires traditionnelles à travers son propre langage visuel, entretissant les thèmes de la perte, du manque et des effets du contrôle territorial imposé. Sa série Rapunzel (commencée en 1998) consiste en des dessins et œuvres de techniques mixtes incluant des pages déchirées de livres en arabe. En stratifiant les symboles et les interprétations visuelles, elle fait du texte une simple surface et réimagine Raiponce, le conte de fée des frères Grimm. Le récit de la captivité et de l’isolation de Raiponce devient la métaphore de la fragmentation des souvenirs, de la perte du pays natal et des paysages de l’enfance. En s’identifiant à une héroïne occidentale, J. E. Abboud met en lumière les complexités de sa propre identité de femme palestinienne.
Au fil du temps, son travail s’étend au dessin, à la vidéo, à la performance, au texte et aux objets afin d’explorer les liens invisibles entre les individus et leur environnement. L’artiste examine les traditions orales et la manières dont les récits s’attachent aux paysages et aux sites naturels. Dans Ballad of the Lady Who Lives Behind Trees (Connect the Dots) (2005-2010), installation de vingt-sept œuvres sur papier, les figures semblent presque transparentes, placées au sein de paysages terrestres ou marins vides de toute âme. En saisissant un sentiment d’attente, d’absence et de manque, J. E. Abboud redéfinit la narration comme un outil de réflexion à la fois culturel et personnel.
Dans The Pomegranate (2005), installation vidéo de 17 minutes sur deux écrans, présentée à la Biennale de Sharjah, J. E. Abboud se filme en train d’essayer de remettre des pépins de grenade dans leur écorce, ce qui fait inévitablement éclater le fruit, dont le jus rouge jaillit sur les mains de l’artiste. Cette œuvre explore la quête de l’adaptation parfaite et du retour aux origines, motivée par un désir fondamental d’appartenance. Elle illustre non seulement l’absurdité et la nature rituelle de notre recherche d’appartenance, mais aussi les paradoxes et les tourments causés par la poursuite de l’adaptation aux structures sociales, culturelles ou territoriales.
Le travail de J. E. Abboud a été présenté dans nombre d’expositions individuelles et collectives, comme la Biennale de Venise (2009, 2015), la Biennale de Sharjah (2005, 2011, 2013, 2017) et la XVe Documenta (2022). Elle a été lauréate du prix de l’Arab Fund for Arts and Culture (2017) et de la Pernod Ricard Fellowship (2020), ainsi que de la dotation de la Sharjah Art Foundation (2020). Ses œuvres font partie de plusieurs collections, dont la Khalid Shoman Collection (Amman), le Magasin III Museum for Contemporary Art (Stockholm), la collection Isabelle & Jean-Conrad Lemaître et celle du Seoul Museum of Art (SeMA).
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring