Dąbrowska, Agnieszka, Siwińska, Monika (dir.), Julia Keilowa. An Art Deco Designer, cat. exp., Musée de Varsovie, Varsovie (21 mars – 1 septembre 2024), Varsovie, Musée de Varsovie, 2024
→Magdalena, Wróblewska, « Decorative forms. The objects of Julia Keilowa in the photographs by Benedykt Jerzy Dorys », Miejsce, n° 3, 2017, p. 163–175
→Siwińska, Monika, « Julia Keilowa metal ware design in the Museum of Warsaw plated ware collection », Almanach Warszawy, n° 9, 2015, p. 335–354
Julia Keilowa. Designer, Musée de Varsovie, Varsovie, 21 mars – 1 septembre 2024
→Exposition universelle, New York, Pavillon polonais, 30 avril – 31 octobre 1939
→Exposition des objets en métal de Julia Keilowa, Institut de la Propagande artistique, Varsovie, 26 mars – 18 avril 1938
Designeuse et sculptrice polonaise.
Les articles de ferronnerie créés par Julia Keilowa comptent parmi les œuvres art déco les plus estimées du design polonais de l’entre-deux-guerres. L’artiste est renommée pour sa capacité à sublimer les objets du quotidien par son usage de formes géométriques et sa manière délibérée de jouer sur les propriétés du métal.
J. Keilowa naît dans une famille juive assimilée qui s’installe à Lviv lorsque Julia et sa sœur, Celina, sont enfants. En 1920, J. Keilowa entame des études à la faculté de philosophie de l’université Jan Kazimierz de Lviv, mais la quitte un an plus tard pour s’inscrire à l’école industrielle de Lviv, où elle apprend la sculpture figurative et la taille du bois et de la pierre pendant un an. En 1922, elle épouse l’avocat Ignacy Keil et donne naissance à leur fils, Marceli. La famille déménage à Varsovie, où J. Keilowa reprend ses études d’art à l’École des beaux-arts de Varsovie (plus tard l’Académie des beaux-arts), de 1925 à 1931. Elle apprend la sculpture dans l’atelier de Tadeusz Breyer (1874-1952) et la ferronnerie d’art auprès de Karol Stryjeński (1837-1932), l’un des membres fondateurs de la très renommée coopérative des artistes de Ład.
J. Keilowa rejoint également la coopérative Forma Sculpture, fondée en 1929 par des professeur·es et étudiant·es de l’École des beaux-arts, qui travaille sur un large éventail de projets et commandes allant de la sculpture monumentale aux objets du quotidien, dans le but de développer un style distinctif polonais dans le domaine des arts plastiques. Elle devient aussi membre du syndicat des sculpteur·ices à partir de 1931 et de l’association des artistes plasticien·nes professionnel·les Blok à partir de 1934.
Les créations de J. Keilowa se caractérisent par leur simplicité élégante où sont souvent incorporées des parties ajourées et juxtapose des motifs en positif et négatif qui mettent en valeur la virtuosité formelle de l’artiste. Ses œuvres se distinguent encore davantage par l’intégration de formes arrondies qui contrastent avec leur géométrie rigoureuse (comme l’illustre son sucrier Pomme royale, 1933) et par son usage conscient de la lumière lors du processus de façonnage des surfaces en métal.
Entre 1932 et 1939, elle collabore avec des usines de placage d’argent. Elle crée notamment le sucrier sculpté argenté Sphère pour la maison Norblin & Frères. Ses productions pour la maison Fraget comprennent la luxueuse vaisselle utilisée à bord des paquebots transatlantiques MS Piłsudski et MS Batory (1935-1939).
Au cours des années 1930, J. Keilowa participe à de nombreuses expositions collectives, dont la plupart ont lieu à l’Institut de propagande artistique (IPS) de Varsovie. En 1935, le comité de l’IPS lui décerne un prix pour sa sculpture en bois Nina (vers 1935). Cette dernière est ensuite exposée à Paris lors de l’Exposition internationale des arts et des techniques appliqués à la vie moderne (1937). À l’occasion de l’exposition, J. Keilowa reçoit deux médailles d’or pour son travail avec la maison Fraget.
La seule exposition individuelle de l’artiste de son vivant se tient à l’IPS en 1938 et présente environ 130 pièces de ferronnerie, ainsi que deux sculptures, qui lui valent des critiques favorables. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, elle se réfugie à Lviv, où elle anime un atelier de poterie. En 1941, elle retourne à Varsovie où elle est arrêtée par la Gestapo et assassinée en 1942 ou 1943. Son œuvre est invariablement prisée par les expert·es et collectionneur·ses de design polonais, et a bénéficié d’un regain d’intérêt depuis la grande rétrospective qui lui fut consacrée au musée de Varsovie en 2024.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
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