Lucy Skaer, Monday 08.04.13, Tuesday 09.04.13, Container Corps, Portland, 2013
→Joanna Fiduccia, Lucy Skaer: a Boat Used as a Vessel, cat. exp., Kunsthalle Basel [5 avril – 14 juin 2009], Schwabe, Basel, 2009
Forest on Fire, Bloomberg Mithreaum Space, Londres, 22 octobre 2020 – 15 mai 2021
→Future Sun, SMAK, Gand, 30 novembre 2019 – 16 février 2020
→The Green Man, Talbot Rice Gallery, The University of Edinburgh, South Bridge, Edinburgh, 26 juillet – 6 octobre 2018
Artiste britannique.
Depuis les années 2000, Lucy Skaer poursuit une recherche alliant sculpture, dessin, photographie, installation et film. Née de parents biologistes marins, elle intègre la Glasgow School of Art en 1994. Elle y rejoint le département d’art environnemental, où les étudiant·es sont encouragé·es à prendre en compte le contexte social de leurs interventions artistiques. Elle obtient son diplôme en 1997. En 2001, avec Public Project, elle réalise une série d’actions dans l’espace public : à Amsterdam, elle dépose un scorpion et un diamant dans la rue, espérant qu’ils seront remarqués ; aux tribunaux pénaux d’Old Bailey, à Londres, elle dissimule des papillons de nuit et des chrysalides, dans l’espoir de les voir éclore durant un procès.
En 2007, L. Skaer compte parmi les artistes représentant l’Écosse à la Biennale de Venise. Elle y déploie un travail inspiré par la peintre et romancière surréaliste Leonora Carrington (1917-2011), rencontrée à Mexico. Deux ans plus tard, elle est sélectionnée pour le Turner Prize. Elle présente alors une installation composée d’un ensemble de sculptures inspirées par les formes longilignes de Constantin Brancusi (1876-1957) et d’un squelette de baleine, choisi pour ses qualités formelles plus qu’iconographiques. À partir de 2005, elle commence une collaboration avec l’artiste anglo-palestinienne Rosalind Nashashibi (née en 1973). Ensemble, elles réalisent huit films, dont Why Are You Angry ? (2017), titré d’après un tableau de Paul Gauguin (1848-1903), Pourquoi êtes-vous en colère ? : le film évoque le colonialisme de cette peinture, la manière dont elle a façonné le regard occidental sur les femmes polynésiennes.
En 2008, l’exposition The Siege à la Chisenhale Gallery, à Londres, souligne l’importance des fluctuations de sens induites par la reproduction et les jeux d’échelle. L. Skaer y explore les dynamiques narratives de l’image fixe et de l’organisation spatiale. Elle s’intéresse alors aux maisons d’artistes, aux espaces domestiques en tant que lieux de structuration du langage. Après le décès de L. Carrington en 2011, elle retourne à Mexico et photographie les alentours de sa maison afin de découvrir ce que l’artiste aurait pu y voir. L. Skaer entame alors un mouvement de retour dans son propre travail : elle le défait, fond certaines de ses sculptures pour les incorporer à de nouvelles. En 2016, ce processus s’interrompt avec la réalisation de l’œuvre Eccentric Boxes, produite dans la maison paternelle où l’artiste a grandi. L. Skaer dessine les périmètres de ses futures « boîtes excentriques » sur le parquet, pose des objets au sol, les recouvre d’un tapis. L’usage et le temps les incrustent dans le bois. Elle creuse ensuite les rectangles et construit son œuvre avec de grandes boîtes fermées, ornées de ces objets sertis. Le plancher est ensuite réparé.
L. Skaer s’intéresse aussi aux espaces souterrains et aux temporalités alternatives : la galerie d’art Kettle’s Yard à Cambridge, la forêt de Redwoods traversée en voiture avec ses parents, le musée d’anthropologie de Vancouver, l’architecture de Frank Lloyd Wright (1867-1959), le premier chapitre des Vagues de Virginia Woolf : soit un ensemble d’expériences spatiales complexes, de temps et de mouvements sensuels. À partir de 2017, la figure animale est prééminente dans son travail car elle permet à l’artiste de travailler conjointement les textures, les matières et l’éloquence des images : un formalisme queer, suggestif, matériel, évoluant dans l’univers du domestique, évocateur de tendresse, d’empathie et de vulnérabilité. Depuis 2019, L. Skaer vit sur l’île de Lewis, en Écosse, entourée d’animaux, de roches, d’herbes et de mer.
Une notice réalisée dans le cadre du programme +1.
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