Fajardo-Hill, Cecilia, Coraza, Buenos Aires, waldengallery, 2020
→Cordero, Karen, “Lecciones de lógica: a partir de la serie Satori de Magali Lara”, in Debate feminista, année 19, vol. 38, Mexico, Centro de Investigaciones y Estudios de Género, 2008
→Delgado Masse, Cecilia, “Mi versión de los hechos. Magali Lara en el MUCA”, in Revista de la Universidad de México, Mexico, MUCA, 2005
Coraza, waldengallery, Buenos Aires, avril – mars 2020
→Del verbo estar, Museo Universitario del Chopo, Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM), Ciudad de México, juin – septembre de 2017
→Mi versión de lo hechos, Museo Universitario de Ciencia y Arte (MUCA), Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM), Ciudad de México, mai
Artiste et enseignante mexicaine.
Magali Lara entre à l’École nationale des arts visuels, à Mexico, en 1976 ; elle obtient la licence en arts visuels de l’université de Guadalajara en 2008 et une maîtrise en arts à l’université autonome de l’État de Morelos en 2011. Très jeune, elle s’intéresse à la littérature et à l’écriture, et se passionne pour leur association avec le dessin. C’est au moyen de petits livrets ou de carnets que l’artiste parvient à connecter ces deux voix – celle qui s’exprime en mots et celle qui produit des images – afin de plonger dans sa vie intime sous la forme d’essais visuels.
Les années 1970 sont au Mexique une époque d’agitation et de luttes pour l’égalité des droits des femmes. Le féminisme devient l’axe essentiel de la pensée critique de M. Lara et « une ressource pour reformuler son travail et la relation avec le corps ». Dès lors, le matériau autobiographique se mue en une interrogation constante, un fil rouge qui traverse toute sa production. Dans sa première exposition personnelle Tijeras (1977) comme dans la série Ventanas [Fenêtres, 1977-1978], à travers des éléments comme la photographie, le texte manuscrit, le dessin, les taches, l’erreur ou la photocopie, ainsi que des ressources visuelles comme la bande dessinée, elle aborde la réalité féminine à partir des problématiques du quotidien et de la sexualité. Dans le livre De lo amoroso, personal, confidencia, etc. [De l’amoureux, personnel, confidence, etc., 1982], l’artiste fixe sur le papier l’empreinte de ses doigts et de ses lèvres, mettant en évidence l’importance du corps dans son travail, comme une manière de « performer des sentiments et des idées » par l’écriture et le dessin.
Tout au long de sa carrière, M. Lara a contribué à des œuvres collectives qui lui ont permis de nouer des relations professionnelles mais aussi d’explorer d’autres langages artistiques et d’autres manières de matérialiser sa poétique intimiste. On peut notamment citer sa participation au projet « Cocina Ediciones » [Cuisine Éditions, 1977-1993], à l’invitation de Yani Pecanins (1957-2019), pour la publication d’un livre réalisé avec Emma Cecilia García Krinsky ; un projet de poésie visuelle avec le groupe Março (1979-1982), au sein duquel elle développe des échanges avec des artistes d’Amérique du Sud ; ou des œuvres visuelles à deux voix, par exemple Baños [Salle de bains, 1981], avec Lourdes Grobet (1940-), ou Glaciares [Glaciers, 2009], avec la compositrice Ana Lara.
Tous ces projets permettent au travail de M. Lara d’aborder d’autres préoccupations tant formelles que conceptuelles, qui se nourrissent à leur tour de multiples lectures, romans, psychanalyse, critique d’art et féminisme, dont témoignent des œuvres comme Kafka et Fuga [Fugue] (1998), Madre [Mère] et Miento [Je mens] (2002) ou la série de peintures Coraza [Cuirasse, 2018].
En plus de quarante ans de carrière, M. Lara a participé à de nombreuses expositions personnelles et collectives, et son œuvre a été mise à l’honneur par la recherche curatoriale, par exemple dans Radical Women : Latin American Art, 1960-1985, et récompensée par la médaille du mérite en arts par le Congrès de la Ville de Mexico en 2019. L’inépuisable investigation du « moi » cède le pas à une approche féministe de son travail, fondée sur la devise à l’origine de sa deuxième époque : « Ce qui est personnel est politique. »
Son œuvre figure dans les collections de la Banque nationale et du musée d’Art moderne de Mexico, du musée d’Art latino-américain de Buenos Aires, du musée d’Art latino-américain de Los Angeles et du MoMA à New York.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
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