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Critique

We Wanted a Revolution: Black Radical Women, 1965–85

25.08.2017 |

Jan van Raay, Faith Ringgold (à droite) et Michele Wallace (au milieu) à la manifestation d’Art Workers Coalition, Whitney Museum, 1971, impression numérique, © Jan van Raay

En 2017 se déroule au Brooklyn Museum « A Year of Yes: Reimagining Feminism », cycle regroupant une programmation d’expositions, de conférences et de visites dédiées aux femmes dans l’art et aux artistes femmes. L’exposition We Wanted a Revolution est consacrée aux productions des artistes africaines-américaines entre les années 1960 et 1980.

We Wanted a Revolution: Black Radical Women, 1965–85 - AWARE Artistes femmes / women artists

Jae Jarrell, Ebony Family, 1968, robe en velours, 96 x 96 x 25 cm, Brooklyn Museum, © Jae Jarrell

Ces deux décennies charnières ont été traversées par des luttes qui ont transformé les États-Unis. Les artistes présentées se placent à l’intersection des revendications de la deuxième vague féministe et du mouvement des droits civiques, mais sont souvent reléguées à leurs marges en raison de l’exclusion raciale ou de la misogynie qui y règnent.

Les commissaires, Catherine Morris et Rujeko Hockley, ont développé un parcours chronologique où tableaux, sculptures, installations, vidéos et photographies voisinent avec une sélection d’archives issues de leurs recherches. Tandis que certaines artistes présentées sont largement passées à la postérité, comme Carrie Mae Weems et Lorna Simpson, les œuvres d’autres ont été peu voire quasiment pas montrées depuis leur création.

We Wanted a Revolution: Black Radical Women, 1965–85 - AWARE Artistes femmes / women artists

Faith Ringgold, For the Women’s House, 1971, huile sur toile, 243,8 x 243,8 cm, avec l’autorisation du Rose M. Singer, Rikers Island Correctional Center © 2017 Faith Ringgold

Quelques créations inspirantes comprend les tableaux mis en abyme d’Emma Amos, seule femme du collectif d’artistes africains-américains Spiral, actif entre 1963 et 1965, ainsi que les vêtements cousus par Jae Jarrell, une des fondatrices d’AfriCOBRA (African Commune of Bad Relevant Artists), organisation formée à Chicago en 1968.

We Wanted a Revolution: Black Radical Women, 1965–85 - AWARE Artistes femmes / women artists

Emma Amos, Sand and her husband, 1973, huile sur toile, 112,4 x 127,6 cm, © Emma Amos, Ryan Lee Gallery, New York

Faith Ringgold, activiste et artiste, est une figure clé de l’exposition : elle a participé à plusieurs initiatives importantes des années 1970, notamment à Where We At: Black Women Artists, Inc. (WWA), collectif qui organise à New York au printemps 1971 la toute première exposition de femmes artistes noires. Y sont inclus, de la même année, son grand tableau réalisé en l’honneur des femmes incarcérées, ainsi que la photographie devenue célèbre d’elle et de Michele Wallace manifestant devant le Whitney Museum en réaction à l’exposition Contemporary Black Artists in America, largement contestée de par l’absence d’Africains-Américains dans l’organisation scientifique de l’exposition.

We Wanted a Revolution: Black Radical Women, 1965–85 - AWARE Artistes femmes / women artists

Howardena Pindell, Free, White and 21, 1980, vidéo (couleur, son), 12’15’’, The Museum of Modern Art, New York © Howardena Pindell, Garth Greenan Gallery, New York

We Wanted a Revolution: Black Radical Women, 1965–85 - AWARE Artistes femmes / women artists

Jan van Raay, Faith Ringgold (à droite) et Michele Wallace (au milieu) à la manifestation d’Art Workers Coalition, Whitney Museum, 1971, impression numérique, © Jan van Raay

Howardena Pindell est la seule femme noire parmi les fondatrices de la A.I.R. Gallery (Artists-in-Residence), galerie féminine ouverte en 1972 ; elle est représentée par sa vidéo Free, White, and 21, réalisée en 1980. Dans cette œuvre, comme dans nombre de celles présentées, l’intime se mêle au politique et l’émotion, à la rage.

Toutes, elles voulaient une révolution : l’ont-elles eue ? Le titre de l’exposition, au passé, suggère la désillusion mais questionne aussi la postérité et l’actualité des luttes de ces femmes et artistes, dans une Amérique où les tensions raciales et les revendications féministes demeurent brûlantes, et dans un monde de l’art où la parité et la mixité sont loin d’être acquises.

We Wanted a Revolution: Black Radical Women, 1965–85, du 21 avril au 17 septembre 2017, Brooklyn Museum, New York.

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