Kasten, Barbara, Klein, Alex, Owens, Mark, Leshowitz, Hartwell, Ellen, Barbara Kasten: the Diazotypes, 1973, New-York, Graham Foundation, 2015
→Kasten, Barbara, Klein, Alex, Deschenes Liz, Kitnick, Alex, Sorkin, Jenni, Barbara Kastten: stages, Philadelphie, institute of Contemporary Art, Zurich, JRP Ringier, 2015
Studio Photography: 1887 – 2019, Simon Lee New York, New-York, juin – août 2019
→The Sensation of Space, The Warehouse Dallas, Dallas, mai – novembre 2019
→Picture Fiction: Kenneth Josephson and Contemporary Photography, Museum of Contemporary Art, Chicago, avril – décembre 2018
Plasticienne états-unienne.
Barbara Kasten est une artiste américaine dont l’œuvre a souvent une finalité photographique. Elle se forme dans un premier temps à la peinture, et après une pause, suit un master en textile au California College of Arts and Crafts à Oakland avec Trude Guermonprez (1970). Elle étudie ensuite à l’École supérieure publique des arts plastiques de Poznań avec Magdalena Abakanowicz.
Ses œuvres textiles des débuts s’inscrivent dans le mouvement expérimental de tissage alors en explosion et explorent déjà le langage de l’abstraction tout en restant en relation avec le corps féminin. Dès ses premières réalisations, elle introduit en parallèle la photographie, soit comme un élément à part, soit comme faisant partie intégrale de la pièce textile. Elle va ensuite en faire son médium principal. La série des photogrammes en cyanotype, avec des motifs créés par différents tissus et de la fibre de verre (Photogenic Painting, 1974-1976), marque une transition entre la sculpture organique en matière souple et l’abstraction qui à partir de la fin des années 1970 devient purement géométrique.
Influencée par les travaux de László Moholy-Nagy et de Ludwig Mies van der Rohe et inspirée par l’héritage du Bauhaus, elle crée d’abord dans la chambre noire sans appareil photographique, puis dans son studio, des compositions à l’aide de morceaux de Plexiglas, de miroirs, de verre, de planches de bois, de barres de métal comme dans la série Constructs (1979-1984). À ces installations s’ajoutent les jeux de lumières qu’elle manipule pour activer les ombres qui deviennent créatrices d’espaces imaginés. Les scènes sont photographiées avec un appareil photographique moyen format et ensuite tirées sur papier chromogène. Kasten fait partie du Polaroid Artist Support Program – l’entreprise invitait des artistes, au cours des années 1980 et 1990, à créer à l’aide de leur appareil photographique très grand format. À cette époque les couleurs explosent dans son œuvre de plus en plus liée à l’architecture que Kasten interprète et transforme à l’aide de projections de lumières aux couleurs fortes comme dans la série Architectural Site (1986).
Son œuvre d’une grande transversalité touche à plusieurs domaines – Kasten réalise le décor d’une chorégraphie de Margaret Jenkins (Inside Outside/Stages of Light, 1985), des installations vidéo, des installations en trois dimensions, ainsi que, récemment, les sites specific projects. La lumière joue un rôle central dans son œuvre, soumise à des mutations grâce à la couleur que Kasten introduit notamment par des films transparents. Son langage abstrait depuis un demi-siècle se situe résolument dans la relation entre l’espace tridimensionnel et bidimensionnel et les mécanismes de perception. Son langage reste, depuis un demi-siècle, l’abstraction.
Publication en partenariat avec le Centre Pompidou, dans le cadre de l’exposition Elles font l’abstraction présentée au Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Galerie 1, Paris, du 5 mai au 23 août 2021, sous le commissariat de Christine Macel et de Karolina Ziebinska-Lewandowska (pour la photographie), assistées de Laure Chauvelot. Notice tirée du catalogue de l’exposition publié par les éditions du Centre Pompidou ©Éditions du Centre Pompidou, 2021