Logsdail Nicholas, Storr Robert, Carmen Herrera, cat. expo., Lisson Gallery, Londres (2016), Londres, Lisson Gallery, 2016
→Carmen Herrera, Lines of Sight, cat. expo., Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, Dusseldorf (2 décembre 2017 – 8 avril 2018), Cologne, Wienand, 2017
Carmen Herrera, Ikon Gallery, Birmingham, 29 juillet – 13 septembre 2009
→Carmen Herrera: Lines of Sight, Whitney Museum, New York, 16 septembre 2016 – 9 janvier 2017
Peintre cubaine-états-unienne.
« La purification […] et l’élimination de ce qui n’est pas essentiel » dans la peinture sont depuis toujours au cœur du travail de Carmen Herrera, comme le dit elle-même l’artiste. Cette volonté de simplicité formelle, associée à son sens vibrant de la couleur, en fait l’une des grandes figures de l’abstraction géométrique et du minimalisme de la seconde moitié du XXe siècle. Née à Cuba en 1915, C. Herrera vit entre La Havane et Paris dans les années 1930 et 1940 avant de s’installer définitivement à New York en 1954. Elle étudie d’abord l’architecture à l’Universidad de La Habana (1938-1939), puis les beaux-arts à l’Art Students League à New York (1942-1943) où elle rencontre les grands artistes de l’expressionnisme abstrait, notamment Barnett Newman (1905-1970) et Ellsworth Kelly (1923-2015). De 1948 à 1953, elle s’établit à Paris où elle prend part au Salon des réalités nouvelles qui présente chaque année toutes les tendances de l’abstraction, de l’art concret à l’art géométrique en passant par des formes de figuration plus allusives. Enthousiasmée par le suprématisme de Kazimir Malevitch (1879-1935) et de Piet Mondrian (1872-1944) ou encore par le mouvement De Stijl, qui privilégie les couleurs et les formes pures, ainsi que les compositions mathématiques et dynamiques, elle abandonne peu à peu les formes lyriques et entrelacées de ses premières toiles au profit de motifs triangulaires étirés aux contours précis.
Dans l’une de ses plus importantes séries, Blanco y Verde [Blanc et vert, 1959-1971], réalisée après son retour à New York, C. Herrera développe ainsi des compositions dans lesquelles la symétrie, l’asymétrie, les tensions spatiales et les rythmes sont prédominants. Les lignes nettes s’associent à des aplats chromatiques très contrastés, ce qui confère toute leur dynamique à ses peintures minimales. Longtemps inconnue dans un monde de l’art dominé par une abstraction masculine, l’artiste continue de peindre pendant près de six décennies, n’exposant que très rarement son travail au public. Ce n’est qu’en 2004, alors âgée de 89 ans, qu’elle vend sa première toile. Depuis lors, C. Herrera savoure enfin le succès qui lui est dû : le Whitney Museum of American Art lui a ainsi consacré une grande rétrospective en 2016 et 2017, intitulée Carmen Herrera: Lines of Sight, et les plus grands musées internationaux reconnaissent désormais son apport fondamental à l’abstraction et au minimalisme.
En 2019, à 104 ans, C. Herrera peint encore quotidiennement, dessinant les motifs au crayon sur du papier millimétré, puis au feutre sur du papier vélin, avant de transposer l’œuvre en grand format, mêlant ainsi toujours l’abstraction géométrique et l’expressionnisme de la couleur.