Haydaroğlu, Mine (dir.), Handan Börüteçene, I Remained Buried Within Myself, cat. exp., Museé d’archéologie d’Istanbul, Istanbul (3 – 31 décembre 2014), Istanbul, Yapi Kredi Publications, 2014
→Altuğ, Evrim, Handan Börüteçene, Flowers Didn’t Emit Their Odours in Order to Keep the Silence, cat. exp., Yapi Kredi Kazim Taskent Art Gallery, Istanbul (11 – 24 avril 2011), Istanbul, Yapi Kredi Publications, 2012
→Chevallier, Catherine, Lettres pour une riposte çivile, Istanbul, Maçka Sanat Gallery publications, 2004
In the Realm of Three Inland Seas: Handan Börüteçene, SALT, Istanbul, 7 novembre 2023 – 14 avril 2024
→Handan Börüteçene: Flowers Didn’t Emit Their Odours in Order to Keep the Silence, Yapi Kredi Kazim Taskent Art Gallery, Istanbul, 11 – 24 avril 2011
→Bring Me Yourself, Musée de l’histoire de l’immigration, Palais de la Porte Dorée, Paris, 13 octobre 2008 – 22 novembre 2009
Artiste conceptuelle turque.
Le travail d’Handan Börüteçene inclut une variété de matériaux (sphères en verre, tables, objectifs, laurier, lithium, rames, gravier, graines) afin de représenter la mémoire de l’histoire. Son œuvre analyse de manière critique des objets et leurs usages, ainsi que les aspects manipulateurs des médias de masse.
Après avoir obtenu un diplôme de céramique à l’Académie des beaux-arts d’Istanbul en 1981, H. Börüteçene poursuit ses études à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 1984, où elle assiste aux ateliers de sculpture de Georges Jeanclos (1933-1997) et de César Baldaccini (1921-1998). L’intérêt qu’elle porte à l’archéologie depuis son enfance, ainsi que sa participation en 1980 aux fouilles du site grec ancien de Lycie en Turquie, à l’invitation du directeur de fouilles Cevdet Bayburtluoğlu (1934-2013), approfondit son lien avec la pratique.
L’installation d’H. Börüteçene Against War (1983) est présentée au 34e Salon de la jeune peinture de Paris. Elle consiste en une paire de bottes militaires exposée au mur face à un agencement de chaussures de civils et d’enfants, récupérées auprès de ses proches et dans des marchés aux puces. Elle achève ensuite son projet de fin d’études Break/See (1985), l’une de ses premières œuvres à encourager la participation des visiteur·ses. Ces dernier·es sont invité·es à briser, à l’aide de maillets en buis, une tablette marquée de l’inscription « Break/See » en caractères hittites, révélant ainsi la riche histoire de l’Anatolie au cours des siècles. En 1987, elle présente sa première exposition individuelle en Turquie, The Army of Kitchen, à la Urart Art Gallery. La même année, son œuvre Mass Miscommunication Tools etc etc zzzz….bızzzz est exposée à la première Biennale d’Istanbul. Celle-ci met en lumière la nature manipulatrice de la communication et de l’information.
Le cadre conceptuel de la pratique de H. Börüteçene s’ancre dans une volonté curatoriale et s’articule autour de l’acte d’écrire, qui fait partie intégrante de sa pratique et constitue également la base de ses dispositifs et de ses œuvres. Ses installations in situ dans des sites archéologiques reflètent son désir de tisser des liens entre les strates culturelles abordées dans ses œuvres et les contextes des lieux qui les accueillent. C’est notamment le cas de son exposition individuelle Pass Through Every Sea: Beyond is Silence and Secrecy au musée de l’Église Sainte-Irène en 1991 et de Memory of the World au musée des Civilisations d’Ankara, en 1995.
H. Börüteçene a exposé internationalement, et a établi, à chacune de ces occasions, des réseaux d’interactions à travers les objets. Si ces réseaux relationnels peuvent parfois intégrer, de manière complexe, l’histoire d’un ferronnier dans un village isolé, ils peuvent aussi, sous un autre angle, révéler l’impact de la dévastation environnementale. L’artiste ne représente pas les arbres, les montagnes, le vent, la terre et la mer comme des objets inanimés, mais comme des agents actifs, établissant ainsi une temporalité verticale plutôt que linéaire. Déployée à travers les musées archéologiques d’Istanbul, son œuvre I Remained Buried Within Myself (2014) jette un pont entre les différentes périodes historiques. Pour Bring Me Yourself, une installation exposée en 2009 au musée de l’Histoire de l’Immigration, au palais de la Porte dorée à Paris, les visiteur·ses sont invité·es à interagir à travers de multiples loupes avec des valises issues de diverses historicités.
Les œuvres de H. Börüteçene sont présentes dans plusieurs collections publiques et privées, dont celles du musée d’Art moderne d’Istanbul, d’ARTER, ainsi qu’au sein de la collection Ayşe Umur. Une rétrospective de son travail est organisée à SALT Beyoğlu, à Istanbul, en 2023.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
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