Peintre et sculptrice argentine.
L’artiste Ana López se rapproche du monde de l’art par goût du dessin. Elle entre d’abord à l’Escuela Panamericana de Arte, où elle suit les cours de Luis Felipe Noé (1972-1973). Elle est ensuite diplômée de l’Escuela Nacional de Bellas Artes Prilidiano Pueyrredón (1979-1984) et poursuit sa formation à l’Escuela Superior de Bellas Artes Ernesto de la Cárcova (1986-1989), sous la direction de Juan Pablo Renzi (1940-1992) et de Juan Carlos Distéfano (1933-). Elle y rencontre Heloisa Schneiders da Silva (1955-2005) et Feliciano Centurión (1962-1996), avec lesquel·les elle crée le groupe TresXtres (trois artistes, trois pays, trois pensées). Ensemble, iels réalisent les expositions TresXtres (1987), au Centre d’art et de communication (CAyC) ; Superficies iluminadas [Surfaces éclairées, 1990], au Centro cultural Recoleta ; et Preludio [Prélude, 1991], à la galerie Rojas.
En 1992, elle obtient une bourse de création de la fondation Antorchos qui lui permet de se rendre à Finisterre (Espagne), d’où vient sa famille. Elle y réalise …dónde va la mujer de negro… [… où va la femme en noir…, 1992], exposition sur les thèmes de la force, du travail et du silence des femmes après la guerre civile, présentée à la chapelle do Pilar, à Corcubión ; à la Escola da Praza, à Cee ; et à la Bibliothèque municipale de Finisterre. À son retour à Buenos Aires (1994), et en compagnie d’Alicia Herrero (1954-) et de Cristina Schiavi (1954-), elle réalise Violaciones domésticas [Viols domestiques, 1994], à l’Espacio Giesso. Aux côtés du projet collectif Juego de Damas [Jeu de dames, 1995], au Museo Municipal de Bellas Artes Juan B. Castagnino, cette exposition est parmi les premières à aborder des problématiques féministes dans les arts visuels en Argentine.
Dans les années 1990, A. López se lance dans un travail expérimental mobilisant des matériaux et des techniques plastiques où se rencontrent le dessin, la peinture, la céramique et l’écriture, médiums qui lui permettent d’aborder des thématiques relevant du privé et de l’intime, constantes de sa démarche. En résultent des œuvres comme Las Chicas [Les Filles, 1993], Corona de cabeza de casa [Couronne de chef de famille, 1994], Ellas [Elles, 2003] ou la série Comandantas [Commandantes, 2020]. La narration joue un rôle fondamental dans l’œuvre d’A. López, à titre de point de départ de ses créations visuelles. Derrière chaque pièce se cache une histoire, un récit, qui prend quelquefois la forme d’un livre d’artiste, par exemple Con una canoa de mínimo calado [Avec un canoë à faible tirant d’eau, 1994-1995], ou les publications Un sueño del siglo pasado [Un rêve du siècle passé, 2001], Ellas [Elles, 2003] et Lurdes Ventura, una vida ejemplar [Lurdes Ventura, une vie exemplaire, 2006].
A. López fait aussi des incursions dans la scénographie pour le théâtre, dans la conception d’accessoires et de costumes, ainsi que la fabrication de papier artisanal pour la papeterie Palermo, savoir-faire qu’elle enseigne dans une imprimerie de Suzhou (Chine), où elle présente son exposition Imágenes aplicadas [Images appliquées, 2010]. De 2012 à 2022, elle intègre une équipe interdisciplinaire chargée d’accompagner les mineur·es délinquant·es, projet amorcé par le secrétariat national à l’Enfance, à l’Adolescence et à la Famille.
En 2023, A. López obtient le premier prix de la fondation Amalia Lacroze de Fortabat. Son œuvre figure dans plusieurs collections particulières, ainsi que dans celles de l’Institute for Studies on Latin American Art, Nueva York (ISLAA) et du Museo de Arte Latinoamericano de Buenos Aires (MALBA).
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
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