Marie Bracquemond

1840Landunvez, France | 1916Sèvres, France
Informations

Peintre, décoratrice sur céramique, illustratrice et graveuse française.

Issue d’un milieu plutôt modeste, Marie Bracquemond, née Quivoron, est une artiste impressionniste qui s’illustre par la diversité de son œuvre. Elle se forme d’abord à Étampes dans les années 1850, avant de recevoir les conseils de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867). Dans les années 1860, elle approfondit sa formation à Paris auprès des peintres Désiré François Laugée (1823-1896), Émile Signol (1804-1892) et Hugues Merle (1822-1881). Entre 1859 et 1875, elle entame une carrière de peintre et expose au Salon, d’abord sous le nom de sa mère, Pasquiou ou Pasquiou-Quivoron, des portraits et des scènes inspirées du Moyen Âge et de la littérature. Son travail est alors la source de revenus du foyer qu’elle forme avec sa mère et sa demi-sœur, grâce à la commande de copies puis à son poste de professeure de dessin pour la Ville de Paris.
En 1869, son mariage avec le graveur et céramiste Félix Bracquemond (1833-1914), rencontré au musée du Louvre, influe sur sa carrière. Entre 1872 et 1881, elle met à profit sa formation de peintre sous sa direction au sein de l’atelier d’Auteuil et renouvelle le décor sur céramique pour la manufacture Haviland. Pour l’Exposition universelle de 1878, elle réalise un panneau de céramique monumental sur un sujet allégorique, Les Muses des arts, aujourd’hui perdu. Elle introduit des motifs de la vie moderne sur des vases et des assiettes, sujets développés ensuite par le dessin de presse (pour la revue La Vie moderne, entre 1879 et 1886) et en peinture autour de la figure féminine en plein air. Limitée dans son accès aux modèles, l’artiste étudie en réalité les effets de lumière en représentant maintes fois sa sœur dans son jardin de Sèvres, comme dans La Dame en blanc.

En 1879, 1880 et 1886, M. Bracquemond participe aux expositions impressionnistes, certainement à l’invitation d’Edgar Degas (1834-1917). Elle montre alors la diversité de son art (cartons préparatoires pour Les Muses des arts, faïence, peintures, aquarelles), mais sans exposer les œuvres qui s’approchent le plus, par la technique et les couleurs, de celles d’artistes du groupe (Sur la terrasse, à Sèvres, 1880). Ainsi, en 1886, elle présente non pas l’huile sur toile mais les dessins préparatoires des Trois Grâces (vers 1880). F. Bracquemond s’opposerait alors aux évolutions stylistiques de son épouse.
M. Bracquemond, qui participe en 1881 à l’exposition Black and White de la Dudley Gallery à Londres, se tourne dans les années 1880 vers l’eau-forte originale. En 1890, elle expose avec la Société des peintres-graveurs français à la galerie Durand-Ruel. Son Autoportrait gravé est particulièrement remarqué par Henri Beraldi, écrivain spécialiste des estampes. En 1893, lors de sa dernière exposition, elle présente deux estampes au sein du Woman’s Building de l’Exposition universelle de Chicago. Elle interrompt brutalement sa carrière publique et ne pratique alors la peinture et l’aquarelle que dans un cadre privé.

En 1919, trois ans après la mort de M. Bracquemond, son fils unique, Pierre Bracquemond (1870-1926), réunit cent cinquante-sept de ses œuvres pour une exposition rétrospective à la galerie Bernheim-Jeune. Gustave Geffroy, qui en préface le catalogue, avait consacré un chapitre à l’artiste dès 1894 dans son Histoire de l’impressionnisme. Si M. Bracquemond est restée de son vivant dans l’ombre de son mari artiste, et tombée ensuite dans l’oubli, des études et des expositions valorisent depuis quelques décennies son œuvre. En 2019, le musée d’Orsay exposait des dessins et aquarelles de l’artiste au sein du parcours « Femmes, art et pouvoir ». D’autres collections publiques conservent une partie de ses œuvres, à Paris (Petit Palais, Bibliothèque nationale de France), dans d’autres villes françaises (musée des Beaux-Arts à Rouen, musée Adrien Dubouché à Limoges, musée Fabre à Montpellier) et même à l’étranger (Metropolitan Museum of Art à New York et Art Institute of Chicago, entre autres).

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Ludivine Fortier

Publication réalisée en partenariat avec le musée d’Orsay.
© Archives of Women Artists, Research and Exhibitions

Marie Bracquemond — AWARE Women artists / Femmes artistes

Marie Bracquemond, Trois femmes aux ombrelles, 1841-1916, huile sur toile, 141,3 x 895 cm, musée d’Orsay, © Photo : Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

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Marie Bracquemond, Études d’une femme debout, d’une tête de femme, de mains et de pieds, dessin à la mine de plomb, 30,7 x 38,8 cm, musée d’Orsay, conservé au musée du Louvre, © Photo : RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Adrien Didierjean

Marie Bracquemond — AWARE Women artists / Femmes artistes

Marie Bracquemond et la manufacture Haviland, Vase : Femme de profil, 1876-1881, terre cuite émaillée, H. 32 ; ø 25 cm, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris

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Marie Bracquemond, Autoportrait ou Femme à l’éventail, eau-forte sur papier japon, 28 x 31 cm, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris

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Marie Bracquemond, Madame Beraldi, assise, de face, appuyée sur un carton à dessin, dessin à la mine de plomb, 29,6 x 23,9 cm, musée d’Orsay, conservé au musée du Louvre, © Photo : RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Tony Querrec

Marie Bracquemond — AWARE Women artists / Femmes artistes

Marie Bracquemond, Autoportrait, vers 1870, huile sur toile, 45 x 38,5 cm, musée des Beaux-arts, Rouen, © Photo : Catherine Lancien & Carole Loisel

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Marie Bracquemond, Le goûter, vers 1880, peinture à l’huile, 81,5 x 61,5 cm, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris

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Marie Bracquemond, Femme montant les degrés d’une échelle double et tenant un pichet, 32,5 x 25,1 cm, musée d’Orsay, conservé au musée du Louvre, © Photo : RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Adrien Didierjean

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Marie Bracquemond, Femme assise, aquarelle, crayon graphite, 28,1 x 21,6 cm, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris

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Marie Bracquemond, La dame en blanc, vers 1880, huile sur toile, 180,5 x 105 cm, Cambrai, musée des Beaux-Arts, dépot du Musée d’Orsay, RF2751, Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d’Orsayy) / Hervé Lewandowski

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Marie Bracquemond, Intérieur d’un salon, aquarelle, dessin au crayon noir, 47,5 x 20,8 cm, musée d’Orsay, conservé au musée du Louvre

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Marie Bracquemond, Jardin en terrasse, dominant la campagne, aquarelle, dessin au crayon noir, 17,8 x 25,5 cm, musée d’Orsay, conservé au musée du Louvre, © Photo : RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Adrien Didierjean

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Marie Bracquemond, Dame assise, vue de face, ramenant son bras gauche en arrière, dessin à la mine de plomb, 35,8 x 26 cm, musée d’Orsay, conservé au musée du Louvre, © Photo : RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Adrien Didierjean

Marie Bracquemond — AWARE Women artists / Femmes artistes

Marie Bracquemond, Divonne, aquarelle, crayon graphite, 13 x 21 cm, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris

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